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Dossier - La prospection
La prospection est une démarche de terrain indispensable pour appréhender un secteur géographique et en évaluer son potentiel archéologique. Elle est souvent pratiquée par des amateurs d’archéologie, mais prend de plus en plus de place dans le milieu professionnel, en amont des fouilles préventives mais également dans le cadre des fouilles programmées ou de programmes de recherches thématiques. Les objectifs peuvent être très variés mais les données issues des prospections doivent être enregistrées et consultables par toute la communauté archéologique (professionnels et amateurs), d’où la nécessité de rédiger un rapport annuel. C’est parce qu’il est indispensable de mettre en commun les données issues de la prospection, qu’il est nécessaire de demander une autorisation de prospection auprès du Service Régional de l’Archéologie (SRA).
Des campagnes de prospection ont lieu dans toutes les régions de France. Pour quiconque souhaite y participer : prendre contact avec la cellule Carte Archéologique des Services Régionaux de l’Archéologie.
La prospection permet d’évaluer le potentiel archéologique d’un secteur ou d’une région. En inventoriant les sites archéologiques et en recueillant des informations sur le terrain, les résultats des prospections méthodiques permettent d’évaluer le potentiel archéologique d’un secteur. Les aboutissants sont multiples :
* Évaluer le risque archéologique des futures zones constructibles : en signalant des « zones sensibles » et des sites qui devront obligatoirement être sondés avant tout aménagement éventuel,
* Engranger des données afin de mieux appréhender l'évolution des occupations humaines et des paysages : en localisant les sites et les zones sensibles, en étudiant les vestiges mobiliers et immobiliers, en décryptant les formations sédimentaires superficielles, etc.
La prospection permet d'actualiser les connaissances archéologiques d'une région. Les bases de données signalent des sites dont il est souvent utile de vérifier la localisation, voire même l'existence. Il arrive que les informations anciennes relevées dans la bibliographie soient erronées, ou encore que les informateurs aient insuffisamment documenté les sites.
La prospection amateur permet de tendre un lien vers le milieu professionnel. Les chercheurs utilisent fréquemment les données issues des prospections effectuées par les amateurs d’archéologie. Ces données sont nécessaires pour le travail des chercheurs. Ces collaborations fructueuses permettent aux amateurs de comprendre la nécessité d’une prospection méthodique et rigoureuse, d’enrichir par ces contacts leurs connaissances et de mettre en valeur leur travail personnel. D’ailleurs, beaucoup d’archéologues amateurs publient des articles et sont reconnus par leurs paires. Ils participent, au même titre que les professionnels, à la diffusion des connaissances.
La prospection archéologique doit faire l'objet d'une demande d'autorisation préfectorale. Les membres d'associations locales d'archéologie, de sociétés d'histoire ou parfois des amateurs non rattachés, peuvent obtenir des autorisations pour ces recherches. Celle dite de prospection-inventaire est la plus courante. Cette autorisation est nécessaire pour réaliser des prélèvements et œuvrer dans un cadre légal. Elle est délivrée par le Service Régional de l'Archéologie (DRAC de la région concernée). Elle peut être facile à obtenir pour les membres d'associations ayant pour objet la recherche archéologique.
Pourquoi doit-on se munir d'une autorisation préfectorale pour entreprendre des prospections archéologiques ? La prospection archéologique, qu'elle soit pédestre, avec détecteur électromagnétique, aérienne ou autre, s'inscrit dans une démarche scientifique, et doit avoir des objectifs précis, sinon elle ne sert qu'à assouvir des besoins personnels et n'apporte rien aux sciences humaines. Les données archéologiques (les artéfacts par exemple) ne sont pas des ressources inépuisables et les sites archéologiques sont particulièrement fragiles.
Prélever un objet archéologique de son contexte, que ce soit en labour ou dans des niveaux stratigraphiques, n'est pas une décision qui peut être prise sur un coup de tête ! Tout prélèvement doit répondre aux objectifs de la prospection et doit faire l'objet de localisations précises.
Les ramassages anarchiques et incontrôlés du mobilier archéologique (même dans les labours !) sont préjudiciables pour notre patrimoine culturel. Mieux vaut se donner les moyens de rentrer dans le cadre légal et de participer à l’effort scientifique que de se livrer à de vulgaires ramassages.
Les prospections sont documentées et alimentent des bases de données utiles pour la protection du patrimoine culturel. En fin d'année, les prospecteurs doivent rendre au SRA un rapport écrit où figurent toutes les informations collectées durant l'année, le plus souvent présentées sous forme de fiches comportant : dates et objectifs des sorties, inventaire et description du matériel archéologique prélevé, plan des parcelles prospectées, etc., agrémenté si possible de photographies et/ou de dessins.
Les informations fournies dans le rapport annuel de prospection sont
stockées au SRA et sont à la disposition de la communauté
archéologique.
L’inventaire des sites est documenté
dans des bases de données (base Patriarche, Barc etc.). Ces bases
de données sont consultées par les services archéologiques
pour prévenir du risque archéologique. Il est donc capital
d’intégrer un maximum d’informations archéologiques
dans les bases des SRA qui seront les seuls à
pouvoir préconiser des fouilles si des aménagements importants
sont prévus sur des sites archéologiques ou des zones sensibles.
Un bilan annuel de toutes les opérations archéologiques régionales est édité chaque année par les DRAC.
Les prospections archéologiques peuvent être subventionnées. Il est possible d'obtenir une subvention de la part de la DRAC pour amortir les coûts inhérents aux prospections (frais de déplacements, achat de fournitures, de logiciels, de matériel de conditionnement etc.).
Il existe plusieurs types de prospections, la plupart sont abordables par tous les amateurs d'archéologie. Avant même d'arriver sur le terrain le prospecteur doit définir les buts de la prospection, en fonction de ses problématiques, des moyens, de la visibilité du terrain, etc. Certains auront pour but d'étudier l'occupation humaine d'un terroir, d'autres ne chercheront qu'à inventorier des sites dans l'urgence pour répondre aux besoins de l'archéologie préventive.
Le type de prospection, ou plutôt les techniques
employées pour répondre aux objectifs, dépendra :
* des buts que se donne le prospecteur,
* des conditions du terrain (couverture végétale, morphologie du ou
des sites, accessibilité etc.).